ISA.S


L’attente


Je ne suis pas toujours très tranquille avec le nu féminin (masculin pas plus remarquez...), la perfection écrase trop souvent, au lieu de donner la main et d'élever. Or vos tableaux, pour mon regard, celui de mon âme intranquille, singularisent d'abord un individu. Et en les regardant à nouveau avant de vous écrire, j'ai eu la même surprise. La faute au trop de numérique et trop d'images partout, au point que mon cerveau que je croyais résistant semble s'ébrouer de cette vieille nouveauté : que quelqu'un prenne le temps de faire apparaître visage et corps avec toute la lenteur que je sais à la peinture, et l'incertitude. C'est ce qui m'attire tant dans vos tableaux, et qui me réconcilie en quelque sorte avec le nu féminin... Des nus qui sont des portraits et me semblent des hommages. Il m'arrive souvent de penser que les banalités que l'on se dit sont les gardiennes des portes aux belles choses qui pourraient être dites. Dire à quelqu'un : je vous trouve très beau. Vos portraits c'est un peu ça : je vous trouve très belle, très beau, je le dis ainsi, en vous dessinant.


Aleph

Voir "Chronique des jours-échelle"

#poésiefrançaise

© 2020 Rini Ferhi